Étudiante au doctorat depuis avril 2025
Je viens du Panama, où j’ai fait un baccalauréat en biologie, puis une maîtrise en microbiologie environnementale à l’Université de Panama. Mon parcours s’est construit entre le terrain et le laboratoire, notamment lors de plusieurs stages au Smithsonian Tropical Research Institute (STRI). J’y ai découvert que la feuille est un habitat fascinant, et je ne l’ai plus quittée depuis. Pour mon travail de recherche de baccalauréat, j’ai étudié l’écologie de Leptolejeunea elliptica, une minuscule hépatique épiphylle. Je l’ai observée sur l’île de Barro Colorado, située dans le canal de Panama et considérée comme un véritable laboratoire naturel, pour comprendre l’écologie tropicale. À la maîtrise, je me suis intéressée à la diversité des bactéries associées aux feuilles de Zamia pseudoparasitica, une gymnosperme épiphyte endémique du Panama qui vit dans la canopée des forêts tropicales. J’ai donc passé une bonne partie de ces années… perchée dans les arbres ! J’en ai aussi profité pour installer des caméras dans la canopée afin de découvrir quels animaux osent consommer ses graines, pourtant toxiques, et contribuent à leur dispersion.
Jusqu’au début de mon doctorat, j’ai travaillé durant plusieurs années comme guide naturaliste sur l’île de Barro Colorado et ailleurs au Panama. Ce travail m’a permis de faire sortir la science du milieu scientifique et de la partager avec toutes sortes de publics, des élèves du primaire aux retraités qui découvraient les tropiques pour la première fois. Plus qu’un emploi, transmettre mes connaissances et voir les gens s’émerveiller devant la nature est devenu l’une de mes activités préférées.
Aujourd’hui, je reste fidèle aux feuilles ! Je combine mes connaissances en biologie végétale et en microbiologie environnementale pour étudier les bactéries vivant à la surface des feuilles du soja (Glycine max). À cause des changements climatiques, les sécheresses deviennent plus fréquentes et plus intenses, et le soja figure parmi les grandes cultures les plus vulnérables. Les microorganismes associés aux plantes peuvent les aider à mieux tolérer ces stress. Pourtant, la recherche s’est surtout concentrée sur les racines et le sol, et la phyllosphère reste un territoire encore peu exploré. Mon objectif est de concevoir une communauté microbienne synthétique (SynCom) issue de la phyllosphère du soja, capable d’améliorer la résilience des plantes face à la sécheresse. Pour les construire, j’ai réalisé une méta-analyse avec les données de séquençage déjà publiées à travers le monde. Je suis aussi allée sur le terrain pour collecter des échantillons dans des fermes de soja de l’Estrie et ainsi bâtir ma propre collection de bactéries isolées directement des feuilles. Les candidates les plus prometteuses seront ensuite réunies et mises à l’épreuve en serre, sous stress hydrique. À terme, j’espère contribuer au développement de bio-inoculants adaptés aux systèmes de production d’ici et à une agriculture plus résiliente face au climat.
En dehors du labo, ma grande passion est le soccer, que je pratique depuis toute petite. Et quand je ne suis pas sur un terrain, je parle. Beaucoup. De science, mais aussi de tout et de rien, en espagnol, en anglais et, maintenant, un peu en français (j’y travaille !).