Étudiant au doctorat depuis octobre 2024
Maîtrise en sciences agricoles, Universidad Nacional de Colombia (UNAL)
Baccalauréat en génie agronomique, Universidad Nacional de Colombia (UNAL)
Chargé de cours, Universidad ICESI (bioinformatique et métagénomique)
Mon grand objectif dans la vie, c’est de comprendre comment fonctionne le vivant. Comme c’est impossible, vu le nombre de formes de vie qui existent, je me concentre pour l’instant à expliquer comment les bactéries cohabitent à l’intérieur des nodules du soja. Mon autre grande passion, c’est l’enseignement. J’adore transformer des idées très complexes en notions simples que mes étudiants peuvent comprendre et qui leur donnent envie de continuer à apprendre.
J’ai grandi sur une petite ferme en Colombie et j’ai toujours été curieux de savoir comment les choses fonctionnent. Aller à l’université n’est pas courant dans mon village natal, mais j’ai eu la chance d’y aller. Dès mon tout premier cours de biologie végétale, j’ai été émerveillé par la complexité du vivant et par à quel point il est fascinant de chercher à le comprendre. Plus tard, en biologie moléculaire, j’ai appris qu’Agrobacterium peut infecter les plantes et provoquer des tumeurs. Puis, en microbiologie agricole, j’ai rencontré les deux personnes responsables de mon intérêt pour les microbes associés aux plantes : le professeur Daniel Uribe et sa doctorante, Vanessa Otero. Ce sont eux qui m’ont lancé dans la science, en étudiant le microbiome des légumineuses selon différentes pratiques de gestion des sols et l’effet de ces conditions sur la fixation de l’azote. Dès que je n’étais pas en classe, j’étais au laboratoire du professeur Uribe, à apprendre tout ce que je pouvais sur les microbes associés aux plantes.
Après mon baccalauréat, j’ai travaillé comme assistant de recherche à l’Universidad del Valle avec Janeth Sanabria, qui m’a fait découvrir une autre façon de voir les microbes. En parallèle, je faisais ma maîtrise, et c’est là que j’ai découvert l’ingénierie des microbiomes. J’ai réalisé qu’on peut aller au-delà de la simple description de la composition et des fonctions d’un microbiome, et réellement façonner ces caractéristiques dans un bioréacteur, sous des conditions précises. J’ai développé un microbiome fixateur d’azote qui a fonctionné comme biofertilisant sur des plants de tomate, et son procédé d’assemblage fait maintenant l’objet d’une demande de brevet. Pendant ma maîtrise, j’ai aussi fait un stage de recherche au Canada, où j’ai rencontré Pascale et Isabelle, qui sont aujourd’hui mes directrices de doctorat et auprès de qui j’apprends chaque jour.
Dans mon projet de doctorat, je cherche à comprendre si la symbiose entre le soja et Bradyrhizobium est vraiment une relation à deux, ou si d’autres bactéries, encore peu connues, y participent aussi. Les progrès peuvent être un peu lents, puisque les expériences en serre prennent beaucoup de temps et doivent parfois être répétées, mais petit à petit, nous trouvons des indices.
Le fil conducteur de tout mon parcours universitaire, c’est la fixation biologique de l’azote. Je me sens chanceux d’avoir pu travailler sur ce sujet pendant mon baccalauréat, ma maîtrise et mon doctorat. Je pense que c’est l’un des processus biologiques les plus importants pour la vie sur Terre et, en tant qu’agronome, je veux mieux le comprendre et contribuer aux connaissances sur le sujet afin de concevoir des pratiques agricoles plus durables.
Et dans mes temps libres? J’aime à peu près tout ce qui se passe dehors. Je peux passer des heures en forêt avec mon appareil photo, à capter ce que personne d’autre ne voit; je partage parfois mes photos sur mon compte Instagram (@nicolasr_98). J’adore aussi cuisiner des plats traditionnels colombiens pour mes amis non colombiens.